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« Cauchemar » ou « cauchemard » : laquelle est correcte ?

Sylvain CASSINIPublié le 20 juin 2026
« Cauchemar » ou « cauchemard » : laquelle est correcte ?

En résumé

Faut-il écrire « cauchemar » ou « cauchemard » ? La réponse est tranchée : la seule forme correcte est « cauchemar », sans d final. L'Académie française et le Larousse sont formels sur ce point.

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« Cauchemar » ou « cauchemard » : laquelle est correcte ?

La réponse est sans ambiguïté : on écrit « cauchemar », sans d final. « Cauchemard » est une faute d'orthographe, quelle que soit la situation. Le Larousse, le dictionnaire de l'Académie française et tous les ouvrages de référence sont unanimes : ce nom se termine par -ar, et rien d'autre.

« Cette nuit-là, il a fait un cauchemar dont il se souviendra longtemps. » (récit personnel)
« Organiser ce déménagement en trois jours a été un véritable cauchemar logistique. » (contexte professionnel)
« Les embouteillages du lundi matin restent le cauchemar de tout commercial itinérant. » (contexte métier)

Notons que « cauchemar » est un nom masculin. On dit donc « un cauchemar » et non « une cauchemar ». Au pluriel, il prend simplement un -s : « des cauchemars ». Aucune de ces formes n'appelle de d final.

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D'où vient le mot « cauchemar » ?

L'étymologie de « cauchemar » éclaire directement son orthographe. Le mot est formé de deux éléments distincts : le verbe picard « caucher » (ou « cauchier »), qui signifie « presser, fouler », et le moyen néerlandais « mare », qui désigne un fantôme ou un esprit malfaisant causant des rêves oppressants. Le mot est attesté en français dès le XVIIe siècle sous la forme « cauchemare », avec un e final, ce qui le rapprochait de son équivalent anglais « nightmare » (night = nuit, mare = spectre).

Ce « mare » germanique, présent également en allemand (Mahr) et en vieux norrois (mara), désignait précisément un être surnaturel qui s'asseyait sur la poitrine du dormeur, provoquant une sensation d'étouffement. C'est ce sentiment d'oppression nocturne que le mot « cauchemar » conserve encore aujourd'hui dans sa définition première.

La terminaison en -ar (et non en -ard) est donc héritée directement de ce « mare » d'origine germanique. Elle n'a aucune raison d'accueillir un d parasite. L'histoire du mot le démontre avec évidence : « cauchemar » se termine en -ar parce qu'il vient de « mare », et non d'un suffixe français en -ard.

Pourquoi tout le monde écrit « cauchemard » ?

La faute est extrêmement répandue, et pour une raison très compréhensible : les dérivés du mot contiennent tous un d. On dit « cauchemarder » (verbe), « cauchemardesque » (adjectif) et « cauchemardeux » (adjectif familier). Quand on connaît ces formes, le cerveau reconstitue logiquement un nom de base « cauchemard », avec un d, dont ces mots seraient dérivés.

Le Projet Voltaire cite « cauchemard » parmi les fautes les plus fréquentes dans les écrits professionnels. Ce phénomène relève de ce que les linguistes appellent une analogie morphologique : le français possède de nombreuses paires du type bavard/bavarder, hasard/hasarder, musard/musarder. Le cerveau applique ce schéma à « cauchemar » et ajoute un d qui n'existe pas.

Ce mécanisme est identique à celui qui pousse certains à écrire « disfonctionnement » à la place de la forme correcte. Pour en savoir plus sur ces confusions par analogie, lisez notre article sur « dysfonctionnement » ou « disfonctionnement ».

« Cauchemard » : une faute tolérée par l'Académie française ?

Non. L'Académie française ne tolère pas « cauchemard ». La seule entrée reconnue dans le dictionnaire de l'Académie est « cauchemar », sans d. Il n'existe aucune variante orthographique officielle pour ce mot. Il n'y a ici aucune ambiguïté : « cauchemard » est une faute, pas une variante.

Le Larousse est tout aussi catégorique : il précise explicitement que « cauchemar » se termine par -ar et qu'il ne faut pas se laisser influencer par les dérivés « cauchemarder », « cauchemardeux » et « cauchemardesque ». Ces formes dérivées ont subi l'influence des paires en -ard/-arder (bavard/bavarder, etc.), mais le nom de base est resté fidèle à son étymologie germanique.

Dans un CV ou une lettre de motivation, écrire « cauchemard » envoie un signal négatif immédiat au recruteur. On trouve la même erreur dans le registre du travail d'équipe : « c'était un vrai cauchemard d'organisation », une formule qui devrait s'écrire sans d. Pour éviter d'autres pièges phonétiques fréquents, notre article sur « soi-disant » ou « soit-disant » illustre le même mécanisme de confusion phonétique.

Comment retenir « cauchemar » une fois pour toutes ?

Le meilleur moyen mnémotechnique est de penser à l'anglais « nightmare » : night (nuit) + mare (spectre). Le mot « mare » se termine par un e, pas par un d. En vous souvenant que « cauchemar » partage cette racine germanique « mare », vous ne pourrez plus ajouter de d parasite.

Autre astuce : le test de substitution. Pouvez-vous remplacer « cauchemar » par « hasard » dans votre phrase ? Non, ces deux mots n'appartiennent pas à la même famille. Contrairement à « hasard » (qui donne « hasarder »), « cauchemar » est un nom d'origine germanique dont la terminaison -ar est figée. Le d de « cauchemarder » est un ajout tardif des dérivés, pas une lettre racine.

Une dernière vérification s'impose : si vous hésitez sur la terminaison d'un mot et que ses dérivés vous induisent en erreur, pensez à d'autres mots en -ar sans d : « bazar », « nectar », « avatar », « dollar ». Ces mots donnent aussi des verbes (bazarder) mais conservent leur terminaison d'origine. La langue française regorge de ces exceptions que l'on retient mieux quand on en comprend l'histoire. Pour d'autres confusions du même type, consultez notre article sur « différent » ou « différend ».

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