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« Permettre de pouvoir » : le pléonasme à éviter

Sylvain CASSINIPublié le 30 juin 2026Mis à jour le 30 juin 2026
« Permettre de pouvoir » : le pléonasme à éviter

En résumé

« Ça permet de pouvoir faire » est un pléonasme courant. Le verbe « permettre » contient déjà l'idée de « pouvoir » : on écrit simplement « ça permet de faire ». Explications et exemples pour vos écrits pro.

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« Permet de pouvoir » : pourquoi est-ce un pléonasme ?

Parce que le verbe « permettre » signifie déjà « donner la possibilité, le pouvoir de faire quelque chose ». Ajouter « pouvoir » derrière revient à dire deux fois la même chose : « donner la possibilité d'avoir la possibilité de… ». La formule correcte enchaîne directement « permettre » et le verbe d'action : on écrit « ça permet de faire », jamais « ça permet de pouvoir faire ».

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La règle est simple : après « permettre de », mettez le verbe d'action directement. Le « pouvoir » intermédiaire est toujours superflu, car la notion de possibilité est déjà portée par « permettre ».

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Faut-il toujours supprimer « pouvoir » après « permettre » ?

Oui, dès que « pouvoir » est suivi d'un infinitif. Faites le test : supprimez « pouvoir » et relisez la phrase. Si le sens reste intact, et c'est toujours le cas, alors « pouvoir » était de trop. « Ce logiciel permet de pouvoir trier les CV » se réduit sans perte à « ce logiciel permet de trier les CV ».

La seule exception apparente concerne « le pouvoir » employé comme nom et non comme auxiliaire : « ce poste permet d'exercer un réel pouvoir de décision » est parfaitement correct, car « pouvoir » y désigne une chose (l'autorité), pas la capacité de faire. La confusion ne porte donc que sur « pouvoir » + infinitif. Le même réflexe d'accord et de conjugaison se retrouve avec le verbe lui-même, comme dans « permet » ou « permets ».

Quels pléonasmes voisins faut-il aussi traquer ?

« Permettre de pouvoir » appartient à une famille de redondances qui doublent inutilement une notion. Surveillez en particulier : « possibilité de pouvoir » (« la possibilité de pouvoir postuler » → « la possibilité de postuler »), « peut potentiellement » (« il peut potentiellement convenir » → « il peut convenir »), ou encore « prévoir à l'avance » et « reporter à plus tard ». Dans chaque cas, l'un des deux mots contient déjà le sens de l'autre.

Ces tournures relèvent du même registre que les tics de langage qui alourdissent un texte sans rien apporter, comme l'emploi automatique de « du coup ». Les repérer et les couper, c'est gagner en concision, une qualité décisive dans un écrit professionnel.

D'où vient ce réflexe de doubler l'idée de possibilité ?

Il vient surtout de l'oral. À l'oral, « pouvoir » sert de mot-béquille : il laisse une fraction de seconde pour réfléchir à la suite de la phrase, et il donne l'impression d'atténuer ou de nuancer le propos. « Ça permet de pouvoir avancer » sonne, à tort, plus prudent que « ça permet d'avancer ».

S'y ajoute une forme d'hypercorrection : on croit étoffer la phrase alors qu'on la dilue. Le même phénomène pousse à hésiter sur les formes du verbe « pouvoir », par exemple entre « je pourrais » et « je pourrai ». À l'écrit, où l'on a le temps de relire, ces béquilles n'ont plus aucune raison d'être : on les supprime.

Comment l'éviter dans une lettre de motivation ?

Une lettre de motivation doit être dense et directe : chaque mot inutile dilue votre message et signale un manque de maîtrise de la langue au recruteur. Relisez votre lettre en chassant les « pouvoir » qui suivent « permettre » : « ce poste me permettrait de pouvoir mettre à profit mon expérience » devient « ce poste me permettrait de mettre à profit mon expérience ».

Adoptez le réflexe « verbe d'action direct » : après « permettre de », « aider à », « contribuer à », enchaînez immédiatement sur l'action concrète (mettre, gérer, développer, piloter…). Vos phrases gagnent en impact, et votre candidature paraît plus professionnelle. C'est l'une des corrections les plus simples, et les plus rentables, à appliquer à vos écrits.

Que faut-il retenir ?

À l'écrit professionnel, supprimez « pouvoir » après « permettre » : écrivez « permet de faire ».

❌ À éviter✅ À écrire
ça permet de pouvoir faireça permet de faire
permettre de pouvoirpermettre de

Ce que disent les sources : « Permettre de pouvoir » est reconnu comme une redondance (Grevisse et Goosse assimilent pléonasme et redondance) : « pouvoir » répète une capacité déjà exprimée par « permettre ».

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