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« Vive » ou « vivent » : laquelle est correcte ?

Sylvain CASSINIPublié le 30 mai 2026
« Vive » ou « vivent » : laquelle est correcte ?

En résumé

Vive ou vivent les vacances ? Vive ou vivent les mariés ? La bonne réponse est toujours « vive », quelle que soit le nombre du nom qui suit. L'Académie française reconnaît que vive s'est lexicalisé en interjection invariable : il ne s'accorde plus avec son sujet.

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« Vive » ou « vivent » les vacances : laquelle est correcte ?

La réponse est sans ambiguïté : on écrit toujours vive, qu'il soit suivi d'un nom singulier ou pluriel. Vive les vacances, vive les mariés, vive la République, dans tous les cas, la forme reste invariable. Écrire « vivent les vacances » est une faute, même si de nombreux locuteurs la commettent.

Vive les grandes vacances !
Vive les mariés !
Vive la France et ses traditions !
Vive les amis qui nous surprennent !

Dans chacun de ces exemples, vive est invariable. Il ne s'accorde pas avec le nom qui le suit, même quand ce nom est au pluriel. C'est la règle, et elle est tranchée.

D'où vient l'interjection « vive » ?

À l'origine, vive est la troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe vivre. L'expression complète était « Que vive le roi ! », un souhait de longue vie adressé au souverain. Le que a disparu progressivement, ne laissant que vive.

Avec le temps, le lien avec le verbe vivre s'est effacé dans la conscience des locuteurs. Vive est devenu une interjection acclamative à part entière, un mot-exclamation figé, comparable à bravo, hourra ou alleluia. Or, par définition, une interjection est invariable.

Ce glissement est bien documenté. Dès le XVIIe siècle, les grammairiens notaient que vive s'employait au singulier devant des noms pluriels, comme si le rapport au verbe était oublié. Le Littré et l'Académie française enregistrent cet usage invariable comme légitime.

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La forme vivent, elle, correspond au subjonctif pluriel, « Que vivent les héros ! », et reste grammaticalement possible si l'on considère explicitement vive comme un verbe accordé avec son sujet. Mais dans la langue vivante, cette lecture est devenue marginale. L'usage courant a consacré vive comme seule forme acceptable.

Pourquoi tout le monde écrit « vivent les vacances » ?

La confusion s'explique d'abord par une logique d'accord que chaque francophone a intégrée depuis l'école primaire : un verbe s'accorde avec son sujet. Si le sujet est au pluriel, le verbe prend un s. Cette règle est si profondément ancrée que le cerveau l'applique automatiquement, y compris quand elle ne s'applique pas.

Quand on voit « vive les vacances », l'instinct grammatical signale une incohérence : sujet pluriel, verbe sans s. Le scripteur corrige alors ce qu'il perçoit comme une erreur, et écrit « vivent », commettant ainsi la vraie faute.

Il faut ajouter que vivent n'est pas faux dans l'absolu : il est l'accord correct du verbe vivre au subjonctif pluriel. Des auteurs classiques l'ont utilisé, et certains grammairiens du XIXe siècle le recommandaient. Cela entretient la confusion : si les deux ont existé, lequel choisir ? La réponse est claire aujourd'hui : vive, invariable.

Ce mécanisme est identique à celui qui pousse à écrire quand à au lieu de quant à : une logique apparemment correcte mène droit à la faute.

« Vivent les vacances » : une faute tolérée par l'Académie française ?

L'Académie française a reconnu que les deux formes ont coexisté dans l'usage littéraire. Elle note que l'accord (vivent les héros) et l'invariabilité (vive les vacances) ont tous deux des précédents dans la littérature. Mais elle précise que vive est aujourd'hui la forme dominante et la seule recommandée dans la langue soignée.

Il serait tentant de conclure, comme pour d'autres dossiers orthographiques, que les deux formes sont désormais tolérées. Ce serait une erreur. L'Académie ne tolère pas vivent comme une variante officielle : elle constate simplement qu'il a existé historiquement. La norme actuelle est sans ambiguïté : vive est invariable.

Certains débats ont abouti à une véritable double tolérance. Les rectifications de 1990 ont autorisé nénufar ou évènement. Pour vive, aucun compromis de cet ordre n'a été accordé : vivent les vacances reste une faute dans un contexte soigné.

Même situation que pour un espèce de ou une espèce de : quand l'Académie tranche, l'usage populaire contraire reste une faute.

Comment retenir « vive » une fois pour toutes ?

Le moyen mnémotechnique le plus efficace est de penser à bravo. On dit bravo les artistes, pas bravos. On dit hourra les champions, pas hourras. Vive fonctionne exactement de la même façon : c'est une interjection, elle ne s'accorde pas, point.

Vous pouvez aussi appliquer un test de substitution rapide. Remplacez vive par l'interjection longue vie à. Si la phrase reste naturelle, vous êtes sur la bonne voie :

  • Vive les vacances → Longue vie aux vacances ! ✓ (singulier conservé dans l'interjection)
  • Vive les mariés → Longue vie aux mariés ! ✓ (même logique)
  • Vivent les vacances → incorrecte, car l'interjection n'a pas de pluriel

Une autre façon de mémoriser : vive est aujourd'hui aussi invariable que zut ou hourra. Personne n'écrit « hourras les champions ». Traitez vive de la même manière.

Enfin, si vous travaillez sur un document professionnel, lettre de motivation, courriel à un recruteur, discours d'entreprise, la règle est simple : toujours vive, jamais vivent. Votre lecteur ne verra rien de spécial, mais il relèverait immédiatement le vivent fautif.

Même réflexe que pour ça vaut le coup ou ça vaut le coût : un petit test de substitution suffit à éviter la faute.

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