Nos conseils

« Je me permets » dans un email ou une lettre : guide complet

Sylvain CASSINIPublié le 14 juin 2026
« Je me permets » dans un email ou une lettre : guide complet

En résumé

On écrit toujours « je me permets » avec un -s. Mais comment utiliser cette formule dans un email professionnel ou une lettre de motivation sans paraître trop timide ? Guide complet avec exemples.

Votre CV est-il sans faute ? Testez-le gratuitement face aux filtres ATS, score en 30 s.

« Je me permet » ou « je me permets » : laquelle est correcte ?

La réponse est sans ambiguïté : on écrit toujours « je me permets » avec un -s final. « Je me permet » sans -s est une faute grammaticale. La présence du pronom réfléchi « me » ne change rien à la terminaison : c'est toujours la 1re personne du singulier du présent de l'indicatif, et le verbe « permettre » prend un -s à cette personne, comme « je mets », « je promets », « je soumets ».

Trois exemples corrects typiques des emails de candidature :

« Je me permets de vous contacter suite à votre annonce publiée sur LinkedIn. »
« Je me permets de revenir vers vous concernant ma candidature du 5 juin. »
« Je me permets de soumettre ma candidature pour le poste de responsable marketing. »

Pour la conjugaison complète de « permettre » à toutes les personnes (il permet, cela me permet, nous permettons…), consultez notre article « Permet » ou « permets » : conjugaison complète de permettre.

Pourquoi tout le monde écrit « je me permet » sans -s ?

La confusion naît de l'homophonie : « je me permets » et « il se permet » se prononcent de manière quasi identique à l'oral. Le -s final de « permets » est muet, tout comme le -t de « permet ». La différence de terminaison est totalement invisible à l'oreille.

À cela s'ajoute une analogie trompeuse : on entend souvent « il me permet de » (sujet 3e personne) dans des formules comme « mon responsable me permet de travailler à distance ». Le cerveau enregistre « permet » sans -s et le reproduit par erreur avec « je ». Selon le Projet Voltaire, les fautes de terminaison verbale à la 1re personne du singulier figurent parmi les dix erreurs les plus fréquentes dans les écrits professionnels.

Quand utiliser « je me permets » dans un email professionnel ?

La formule « je me permets de… » s'emploie pour introduire une action que l'on prend de sa propre initiative, avec une tonalité polie et légèrement humble. Elle convient particulièrement :

  • Pour une candidature spontanée : « Je me permets de vous adresser ma candidature pour… »
  • Pour une relance : « Je me permets de revenir vers vous concernant ma candidature du… »
  • Pour prendre contact avec un inconnu : « Je me permets de vous contacter suite à votre intervention lors de… »
  • Pour soumettre un document : « Je me permets de vous faire parvenir mon portfolio en pièce jointe. »

Attention au registre : la formule peut paraître trop timide dans certains contextes. Un recruteur préférera parfois une formulation plus directe et assurée, comme « Je vous adresse ma candidature » plutôt que « Je me permets de vous adresser ». Calibrez selon le secteur et le ton de l'annonce.

« Je me permets » dans une lettre de motivation : exemples types

Dans une lettre de motivation, « je me permets » s'utilise principalement en accroche ou en formule d'introduction. Voici les tournures les plus courantes :

« Madame, Monsieur, je me permets de vous adresser ma candidature pour le poste de chargé(e) de communication. »
« Je me permets de solliciter votre attention pour une candidature spontanée au sein de votre département RH. »
« Suite à notre échange lors du salon de l'emploi, je me permets de vous faire parvenir mon CV et ma lettre de motivation. »

Ces formules fonctionnent bien en ouverture, mais évitez de les répéter dans le corps de la lettre : une seule occurrence suffit. Si vous cherchez des alternatives, lisez notre article sur les formules de politesse dans une lettre de motivation.

« Je me permets » seul ou « je me permets de » : quelle différence ?

La construction courante est « je me permets de + infinitif » : « je me permets de vous contacter », « je me permets de vous relancer ». L'infinitif qui suit peut être n'importe quel verbe d'action.

La construction « je me permets » sans complément existe aussi, mais elle est plus rare à l'écrit professionnel. On la trouve surtout à l'oral pour introduire un commentaire : « Je me permets, mais votre analyse omet un point important… »

Ne pas confondre avec « je me suis permis(e) » au passé composé : l'accord du participe passé avec « se permettre » obéit à ses propres règles. Pour ne pas faire la faute, consultez notre article « Permis » ou « permise » : l'accord du participe passé.

Comment retenir « je me permets » avec -s une fois pour toutes ?

Le moyen mnémotechnique le plus efficace est le test de substitution par « je mets ». Remplacez mentalement « je me permets » par « je mets » : vous voyez immédiatement le -s final. Puisque « permettre » se conjugue sur le même modèle que « mettre », ce que vous écrivez pour « je mets » vaut pour « je permets » et « je me permets ».

La même logique s'applique à toute la famille des verbes en -mettre : je soumets, je promets, je commets, j'omets, tous avec un -s à la 1re personne du singulier. Retenez cette famille une fois pour toutes et vous ne ferez plus jamais la faute.

Astuce pratique : avant d'envoyer un email, faites mentalement la substitution : « je mets de vous contacter ». Si ça fonctionne avec -s, votre phrase originale est correcte. Pour maîtriser d'autres formules de politesse, lisez « Merci de » ou « merci pour » et la conjugaison complète de « permettre ».

Votre CV ou lettre contient peut-être des fautes

Un correcteur expert relit votre document et corrige orthographe, grammaire et tournures maladroites.

Articles similaires