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« Start-up » ou « startup » : laquelle est correcte ?

Sylvain CASSINIPublié le 27 octobre 2026
« Start-up » ou « startup » : laquelle est correcte ?

En résumé

« Start-up » ou « startup » ? Écrivez « start-up », avec un trait d'union : c'est la graphie du Larousse, et le Dictionnaire de l'Académie française, qui donne « Start-up » avec trait d'union, recommande en outre de lui préférer « jeune pousse ».

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« Start-up » ou « startup » : laquelle est correcte ?

La forme correcte est « start-up », avec un trait d'union. « Startup » en un seul mot est la graphie que l'on croise partout sur les sites de recrutement, dans les noms de salons et sur les profils LinkedIn, mais ce n'est pas celle que retiennent les dictionnaires français. Le Larousse enregistre « start-up » (un nom féminin : une start-up), et le Dictionnaire de l'Académie française l'écrit lui aussi « Start-up », trait d'union compris. Sur un CV, écrivez donc « start-up ».

« Responsable marketing dans une start-up de la fintech, de 2022 à 2025. » (rubrique expérience professionnelle)
« Je souhaite rejoindre une start-up en phase de croissance. » (lettre de motivation)
« Cofondateur d'une start-up spécialisée dans la logistique du dernier kilomètre. » (accroche de profil)

D'où vient le mot « start-up » ?

« Start-up » est un emprunt à l'anglo-américain. Il dérive du verbe to start up, « démarrer, se mettre en route », et désigne d'abord une entreprise qui vient de se lancer. L'anglais l'écrit de trois façons, start-up, start up et startup, sans qu'aucune ne fasse autorité. Le mot s'est répandu avec les entreprises de la Silicon Valley, puis avec la bulle internet de la fin des années 1990, période où il est entré dans le vocabulaire économique français. Le français a d'abord pris le mot tel quel, avec le trait d'union que lui donnent les dictionnaires, comme il l'a fait pour « week-end » ou « back-office ». Une équivalence officielle existe pourtant : « jeune pousse », proposée par la Commission générale de terminologie et de néologie en 2001, qui désigne une entreprise de création récente, innovante et à croissance rapide. Le Dictionnaire de l'Académie française reprend cette définition à l'article « pousse » (neuvième édition, 2024).

Pourquoi tout le monde écrit « startup » ?

Deux mécanismes jouent ensemble. Le premier est l'influence de l'anglais : la graphie « startup » est devenue la norme dans la presse économique américaine et dans les noms de produits, où les mots composés perdent vite leur trait d'union (« email », « online »). Le français suit le mouvement par mimétisme, surtout dans l'écosystème numérique, où l'on lit « startup nation », « startup studio » et « startup weekend » dans les intitulés d'événements. Le second est la facilité de frappe : un mot sans trait d'union se saisit plus vite, et les moteurs de recherche ne font pas la différence. Ce phénomène ressemble à celui décrit pour « network » dans l'article sur « network » ou « réseau » et pour « onboarding » dans celui sur « onboarding » ou « intégration » : on recopie le vocabulaire entendu en entreprise sans vérifier ce que dit le dictionnaire. Le résultat est une graphie très répandue, et pourtant fautive en français.

« Startup » : une faute tolérée par l'Académie française ?

« Startup » n'est pas une variante admise. L'Académie française écrit « Start-up » avec un trait d'union, et va plus loin : à l'article « pousse », elle précise que « jeune pousse » doit être préféré à l'anglais. Autrement dit, la forme avec trait d'union est la seule orthographe française reconnue de l'emprunt, et l'Académie souhaite même qu'on évite l'emprunt. Le fait que « startup » domine dans l'usage ne change rien : l'usage décrit ce que l'on écrit, le dictionnaire dit ce qui est correct. Le cas rejoint celui de l'article sur « back-office » ou « back office », un autre emprunt professionnel dont le Larousse n'enregistre que la forme avec trait d'union. Sur un CV, la graphie n'est donc pas un détail : un recruteur qui connaît la règle lira « startup » comme une inattention. Si vous voulez éviter tout débat, « jeune pousse » reste possible, mais « start-up » est compris de tous et parfaitement correct.

Comment retenir « start-up » une fois pour toutes ?

Pensez à deux mots anglais, start et up, que le français soude avec un trait d'union, comme dans « week-end » ou « back-office ». Le trait d'union est la preuve que l'on a affaire à un mot composé emprunté. Test de substitution : remplacez « start-up » par « jeune pousse ». Si la phrase tient (« une jeune pousse de la fintech »), le mot est bien un nom commun français à écrire avec trait d'union. Le même réflexe vaut pour d'autres termes de la vie des entreprises, comme « roadmap » ou « feuille de route » : on cherche d'abord ce que dit le dictionnaire. Voici le récapitulatif.

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  • « Start-up » : forme correcte, avec trait d'union, nom féminin (une start-up).
  • « Startup » : graphie fautive en français, calquée sur l'anglais américain.
  • « Jeune pousse » : équivalent français que l'Académie française recommande de préférer à l'anglicisme.

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